Méditerranée du futur

Rassembler tout le monde

 

Il est encore trop tôt pour savoir si la lutte contre le réchauffement climatique constitue une bataille que l’homme est en train de gagner ou de perdre, car les échéances sont lointaines. Dans tous les cas, les accords de Paris et l’action de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont dans le bon sens.

La France, grâce au nucléaire, fait partie des pays qui produisent le moins de CO2. Pour certains pays, la situation apparait différente car ils connaissent une phase d’industrialisation, de forte croissance. Nous ne pouvons pas leur interdire de se développer. D’où la nécessité du Fonds Vert pour le Climat, qui théoriquement doit financer leur passage à une économie décarbonée, propre.

Malheureusement, les États ne tiennent pas leurs promesses pour l’instant et ce fonds reste vide. Le Chine va, d’après moi Maud Fontenoy, montrer l’exemple. La pollution y est telle que le gouvernement chinois a décidé d’agir de façon massive pour diminuer ses émissions de CO2. Ils sont maintenant leader dans le solaire, l’éolien.

Au niveau méditerranéen, l’urgence réside notamment dans le traitement des rejets. 40% des villes méditerranéennes ne possèdent pas de station d’épuration. Une manifestation comme Méditerranée du futur permet de rassembler tout le monde, de mettre les gens face à leurs responsabilités.

Le président  Renaud Muselier a décidé que la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur conduirait une politique environnementale exemplaire. Il a pris le sujet à bras le corps. D’ici la fin de son mandat, la croissance verte représentera 1/3 du budget de la Région. Il veut placer l’économie au service de l’environnement et l’environnement au service de l’économie.

 

Maud Fontenoy : navigatrice, vice-présidente de la région au développement durable, à l’énergie et à la mer. Présidente de la Maud Fontenoy Foundation pour la sauvegarde des océans.

mediterranee-du-futur-maud-fontenoy

 

Publicités

Repeupler la mer ?

Les petits poissons et les poissons sauvages à croissance rapide pourraient bien se révéler être des alliés essentiels pour éradiquer la faim dans certaines régions du monde selon un rapport de la FAO.  La mer est notre avenir et le monde consomme pourtant aujourd’hui plus de poissons que ne permet le renouvellement de la ressource planétaire.  Et le plus aberrant, c’est qu’une partie croissante de ces prises sert à faire de la farine pour élever des poissons nobles, comme le saumon ou la daurade, dans des cages. Alors, qu’un tiers est quant à lui utilisé pour nourrir des cochons, des poulets  et d‘autres volailles dans nos élevages industriels. Dans le même temps, on rejette en mer près de 7 millions de tonnes de poissons « ne correspondant pas aux attentes du consommateurs ». Chercher l’erreur !

C’est ainsi, qu’après que la surpêche de thon rouge ait été enrayée par des mesures de gestion aussi drastiques que raisonnables, l’Europe s’inquiète actuellement à juste titre de la survie d’autres espèces de, notamment, notre mer méditerranée. Rouget, dorade, loup, mérou… d’après les données recueillies par la Commission européenne, au moins 96 % des stocks de poissons de fond et 71 % de ceux vivant en eaux médianes (entre 10 et 50 m sous la surface) comme la sardine et l’anchois sont surexploités. A cette vitesse, et face aux dommages engendrés par les activités humaines, il serait temps de réfléchir à repeupler nos océans et ainsi restaurer les écosystèmes marins. L’idée n’est donc plus de juste « mettre sous cloche » une zone pour la laisser respirer en éloignant tant bien que mal les menaces qui pèsent sur elle, mais bien de réparer un environnement en y implantant à nouveau des espèces. C’est ainsi, qu’une initiative est née à proximité de Marseille qui pourrait permettre de compenser les dégradations liées notamment aux développements portuaires. Le projet en cours est donc de pêcher des post-larves qui sont ensuite acclimatées et élevées dans des nurseries à terre, puis relâchées en milieu naturel lorsque qu’elles sont plus matures et donc plus aptes à survivre. Ainsi des milliers de bébés poissons sont pêchés et élevés, puis libérés près des rivages, en partenariat avec les pêcheurs, pour renforcer les populations de poissons. Un enjeu tout aussi écologique qu’économique. On ne pouvait déjà plus dire que l’on ne savait pas que les stocks de poissons sauvages étaient gravement menacés, mais maintenant on ne pourra plus non plus affirmer que l’on n’était pas au courant que des solutions existent !

Maud Fontenoy