Maud Fontenoy dans C à vous pour la sortie de 2 nouveaux ouvrages

A l’occasion de la sortie de deux nouveaux ouvrages, Maud Fontenoy est l’invitée de l’émission C à vous dont vous retrouverez la retranscription ci-dessous :

Les nouvelles publications de Maud Fontenoy

Anne Elisabeth Lemoine, de l’émission C à Vous, du 12/03/2018, nous parle aujourd’hui de Maud Fontenoy et de ses nouvelles publications.

AE Lemoine : « Nouvel ouvrage de Maud Fontenoy intitulé « Vivre vraiment ». Rappelons que Maud Fontenoy a osé traverser en 2003 l’Atlantique Nord à la rame à contre-courant durant 119 jours. Elle s’était d’ailleurs exprimée sur le sujet « J’avais envie de prouver qu’une femme pouvait tout aussi bien y arriver qu’un homme, que ce n’était pas qu’une question de gros bras et que même toute jeune fille que l’on peut être peut avoir envie de se lancer des défis comme ça extrêmes ».

« Cet exploit a suscité énormément d’admiration et à la fin on vous ramenait, Maud Fontenoy, sans cesse à votre condition féminine. On vous posait sans arrêt la question de savoir si c’était plus difficile pour une femme que pour un homme de partir en mer, et ça ça vous exaspère, comme vous en parlez dans votre dernier ouvrage. »

Maud Fontenoy : « C’est vrai que ça a été l’Atlantique Nord parce que ça n’avait jamais été fait par aucune femme, après j’ai fait le Pacifique un peu plus tard, le tour du monde à contre-courant enfin il y avait une volonté de dire que ces exploits que vous aviez toujours associés à la gente masculine pouvaient également l’être à la gente féminine. Car qu’est ce qui fait la différence ? C’est la volonté, la persévérance, le travail, l’endurance…et que là pour le coup on est vraiment sur le même pied d’égalité. »

La détermination n’est pas seulement masculine !

Anne Elisabeth Lemoine : «Être forte, déterminé et volontaire, tout cela est autorisé à un homme mais cela semble mal venu dès qu’il s’agit d’une femme ? »

Maud Fontenoy : « Je sais que dans mes aventures maritimes, à chaque fois on me disait que je n’étais pas une fille, que j’étais un vrai mec. »

Anne Elisabeth Lemoine : « Vous souvenez-vous de la une consacrée à Florence Arthaud par le Parisien ? On lui avait dit « t’es un vrai mec ». Et ça c’est le genre de réflexions que vous avez aussi subies ? »

Maud Fontenoy : « Voilà, c’est-à-dire qu’on est ramené, que réussir ce genre de choses, c’est forcément être devenu un homme et ce que j’essaye de démontrer à travers ce livre, à travers ce que je fais dans la Maud Fontenoy Foundation, ma vie, les échanges avec les femmes qui partagent avec moi, c’est de dire qu’on peut être femme, féminine, rêver d’avoir des enfants et avoir toutes les capacités pour réaliser ce genre de chose. On ne se transforme pas d’un seul coup en homme, on réalise juste une passion, la mienne étant celle d’être en mer, de me dépasser, de réaliser quelque chose parfois plus grand que soi. »

Anne Elisabeth Lemoine : « Vous en voulez un petit peu, gentiment aux médias qui continuent bien souvent à véhiculer ces clichés sexistes. La plupart des sujets qui vous sont consacrés dans la presse commencent par décrire comment vous êtes habillée, coiffée ou maquillée ? Cela vous l’avez bien remarqué ? »

Maud Fontenoy : « C’est vrai qu’on le remarque, c’est souvent comme ça. La première question, les premières pages, les premières lignes c’est toujours ça quand on va m’illustrer en sport ive. Quand on veut être un peu plus acide, on va m’illustrer en talons hauts comme si d’un seul coup de se mettre du vernis à ongle ça vous enlevait une partie de vos neurones. Je trouve que toujours, il y a un côté assez frustrant ; je n’ai pas un combat féministe, violent mais j’ai envie de dire que la femme elle a autant la place que les hommes pour réaliser ces choses-là. Par ailleurs, je rajouterai que les femmes ont cette volonté de grands projets et donc ce livre vient en réponse à toutes ces femmes qui m’ont écrit, en me disant « vous me donnez de l’énergie, vous m’avez poussée à réaliser mon propre rêve… ».

Ma mère me disant tout le temps que je la vengeais car c’était une femme de l’ancienne génération qui avait suivi son mari probablement et se disait que j’arrivais moi Maud Fontenoy à aller jusqu’au bout de mes challenges, d’être sûre de ce que je voulais et d’aller jusqu’au bout même si ça n’était pas toujours simple. Je pense donc que les femmes se retrouveront peut-être dans ce livre dans l’idée que rien n’arrive par hasard, c’est un combat qu’il faut mener. »

Mer, meeting et sentiment de solitude

Pour rappel, Maud Fontenoy avait affirmé le 24 février 2017 sur franceinfo : « J’ai eu beau traverser tous les océans de la terre en solitaire pendant des mois sur des tous petits bateaux, à ramer huit à dix heures par jour, je ne me suis jamais sentie aussi seule que dans un meeting avec des milliers de personnes. »

Maud fontenoy : « La vérité c’est que quand on se lance un défi comme ça a pu être les miens en solitaire pendant 4-5 mois sur un tout petit bateau à rame dépossédé de tout, aller manger que de la nourriture en poudre, aller dormir par tranches de 20 min parce qu’il y a plus d’oxygène dans le petit habitacle du bateau où l’on est enfermé, dans des vagues de 10-12 mètres de haut avec le bateau qui se retourne…cela paraît hyper dur, et ça l’est physiquement mais cela n’a rien d’injuste. On sait dès le départ les règles du jeu de la mer, il y a un côté sans faux semblant, sans grand discours, il y a un côté en vérité alors que par certains aspects de l’existence parfois on est confronté à des choses qu’on considère injustes. Il s’agit-là des aléas de l’existence sur lesquels il faut aussi arriver à passer. C’est mon combat, et j’essaie de le mener même quand c’est difficile. Souvent, je fais des chroniques sur l’environnement en me disant qu’il faut parler à tout le monde. J’essaie, moi Maud Fontenoy, à chaque fois de me dire, n’essayons pas de mettre les gens dans des cases, essayons de ramener ce qu’on peut dans le droit chemin. Dans ce livre, c’est l’idée « sachez ce que vous voulez, ayez vos propres rêves, battez-vous pour les réaliser même si parfois c’est difficile ; essayer de voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide ». Quand il y a une difficulté dans l’existence, il y a toujours quelque chose de positif qui va vous arriver par derrière et ne pas penser que c’est parce qu’on a traversé les océans à la rame qu’on devient un surhomme, pas du tout. Ce que moi Maud Fontenoy ai appris en mer c’est juste à me relever. C’est-à-dire que quand tu as le pied au fond de la piscine, tu apprends juste à donner un grand coup et à repartir. Cette énergie-là on l’a tous à l’intérieur de nous, femme ou homme, pour réaliser des choses assez grandes. Je reste optimiste parce que je suis optimiste dans l’humain. Je vois les hommes faire de grandes choses, de grandes inventions, je crois dans la science, dans la technique. Je vois qu’un tout petit bout de femme peut traverser des océans à la rame par ses tous petits moyens donc je crois dans l’humain et dans notre capacité de changer.

Le constat des océans en danger par Maud Fontenoy

Maintenant le constat est évident : moi Maud Fontenoy ai passé plus de la moitié de ma vie sur les océans, j’étais sur des bateaux depuis toute petite et j’ai vu les océans se dégrader. Ce fameux 7e continent de déchets en mer dont on parle souvent, c’est un continent qui est créé par les courants océaniques qui font se rassembler les 7 millions de tonnes de déchets qui sont rejetés dans la mer chaque année et qui sont des microparticules de plastique mais qui peuvent aussi être des déchets chimiques et qui vont au final se retrouver dans notre assiette.
Donc c’est de se dire que nous qui avons cette capacité, ce super pouvoir d’agir, nous qui sommes acteurs, on a des actions qui peuvent porter loin et qui peuvent porter jusqu’à ces zones océaniques qui sont aujourd’hui devenues malheureusement devenues stériles dans lesquelles il y a plus de plastique que de plancton et qu’il va falloir prendre à bras le corps parce qu’aujourd’hui il y a 60% de la haute mer qui est sans juridiction. On peut y faire ce que l’on veut donc il y a encore des traités internationaux à mettre en place, un grand combat à mener et l’éducation à travers l’ouvrage « Mission planète » destiné aux plus jeunes.

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