Les antibiotiques, c’est pas automatique !

En 2016, la consommation de ces médicaments dans la population française s’est élevée à 30 doses pour 1 000 habitants et par jour. En dix ans, cette consommation s’est inscrite à la hausse (27 doses en 2006).

La France se classe au 4e rang des pays européens les plus consommateurs de ces traitements. Les antibiotiques sont apparus avec la pénicilline, utilisée comme thérapeutique à partir de 1941. Ils ont révolutionné la médecine et sauvé des millions de vies, mais l’élan de recherche qui a permis la mise au point de nombreuses familles d’antibiotiques s’est accompagné d’un usage souvent inapproprié, à commencer par la prescription d’antibiotiques dans des infections virales, alors qu’ils n’ont aucun effet sur les virus, et d’une utilisation bien trop large. Conséquence de cette forte utilisation : l’accroissement inquiétant de résistances bactériennes chez l’Homme.

Ce phénomène pourrait même devenir l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Selon les spécialistes, la capacité à soigner les infections, même les plus courantes, est remise en question. Chaque année en France, près de 12 500 décès sont associés à une infection à bactérie résistante aux antibiotiques. Au niveau mondial, plus de 10 millions de personnes pourraient décéder chaque année à l’horizon 2050.

Ce mois-ci, l’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre la hausse de la résistance aux antimicrobiens, favorisée par le rejet dans l’environnement de ces médicaments, qui constitue une urgence sanitaire majeure. Si cette tendance se poursuit, le risque de contracter des maladies inguérissables par les antibiotiques actuels augmentera. Les experts préviennent donc que le rejet dans l’environnement de composés antimicrobiens provenant des habitations, des hôpitaux ou du ruissellement agricole favorise l’évolution bactérienne et l’émergence de souches plus résistantes.

Selon le Programme de l’ONU pour l’Environnement, en raison de notre ignorance et de notre négligence, nous pourrions ainsi gravement participer au développement de superbactéries féroces. A l’échelle mondiale, ce sont environ 700 000 personnes qui meurent d’infections résistantes chaque année.

L’Organisation mondiale de la santé préconise donc d’urgence un accroissement des investissements dans la recherche, et tire le signal d’alarme : Si nous ne faisons rien, nous prenons le risque de revenir à ce temps où les gens craignaient les infections les plus courantes et risquaient leur vie pour des interventions chirurgicales mineures !

Maud Fontenoy

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