Repeupler la mer ?

Les petits poissons et les poissons sauvages à croissance rapide pourraient bien se révéler être des alliés essentiels pour éradiquer la faim dans certaines régions du monde selon un rapport de la FAO.  La mer est notre avenir et le monde consomme pourtant aujourd’hui plus de poissons que ne permet le renouvellement de la ressource planétaire.  Et le plus aberrant, c’est qu’une partie croissante de ces prises sert à faire de la farine pour élever des poissons nobles, comme le saumon ou la daurade, dans des cages. Alors, qu’un tiers est quant à lui utilisé pour nourrir des cochons, des poulets  et d‘autres volailles dans nos élevages industriels. Dans le même temps, on rejette en mer près de 7 millions de tonnes de poissons « ne correspondant pas aux attentes du consommateurs ». Chercher l’erreur !

C’est ainsi, qu’après que la surpêche de thon rouge ait été enrayée par des mesures de gestion aussi drastiques que raisonnables, l’Europe s’inquiète actuellement à juste titre de la survie d’autres espèces de, notamment, notre mer méditerranée. Rouget, dorade, loup, mérou… d’après les données recueillies par la Commission européenne, au moins 96 % des stocks de poissons de fond et 71 % de ceux vivant en eaux médianes (entre 10 et 50 m sous la surface) comme la sardine et l’anchois sont surexploités. A cette vitesse, et face aux dommages engendrés par les activités humaines, il serait temps de réfléchir à repeupler nos océans et ainsi restaurer les écosystèmes marins. L’idée n’est donc plus de juste « mettre sous cloche » une zone pour la laisser respirer en éloignant tant bien que mal les menaces qui pèsent sur elle, mais bien de réparer un environnement en y implantant à nouveau des espèces. C’est ainsi, qu’une initiative est née à proximité de Marseille qui pourrait permettre de compenser les dégradations liées notamment aux développements portuaires. Le projet en cours est donc de pêcher des post-larves qui sont ensuite acclimatées et élevées dans des nurseries à terre, puis relâchées en milieu naturel lorsque qu’elles sont plus matures et donc plus aptes à survivre. Ainsi des milliers de bébés poissons sont pêchés et élevés, puis libérés près des rivages, en partenariat avec les pêcheurs, pour renforcer les populations de poissons. Un enjeu tout aussi écologique qu’économique. On ne pouvait déjà plus dire que l’on ne savait pas que les stocks de poissons sauvages étaient gravement menacés, mais maintenant on ne pourra plus non plus affirmer que l’on n’était pas au courant que des solutions existent !

Maud Fontenoy

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